#CRITIQUE 155 – GLASS (UNE CONCLUSION ÉPIQUE… MAIS.)

De : M. Night Shyamalan

Avec : James McAvoy, Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Anya Taylor-Joy, Sarah Paulson, Charlayne Woodard, Spencer Treat Clark, Luke Kirby…

Synopsis : Peu de temps après les événements relatés dans Split, David Dunn – l’homme incassable – poursuit sa traque de La Bête, surnom donné à Kevin Crumb depuis qu’on le sait capable d’endosser 23 personnalités différentes. De son côté, le mystérieux homme souffrant du syndrome des os de verre Elijah Price suscite à nouveau l’intérêt des forces de l’ordre en affirmant détenir des informations capitales sur les deux hommes…

Il y a, à peu de choses près, vingt ans, sortait Incassable, une oeuvre hors du temps pré-Marvel et consorts, ou Night Shyamalan imposait sa mythologie, ses héros, ses méchants et ses propres enjeux autour d’un univers réel, ou le surnaturel emboîte alors le pas sur le naturel. Il y a 20 ans, sortait une superproduction très intimiste, avec deux superstars : Bruce Willis et Samuel L. Jackson et le succès du film marque encore une génération de cinéphiles et cinéastes. Il y a deux ans sortait Split, du même réalisateur, revenu d’une grosse traversée du désert et désormais sous les ordres de Blum House, boite de production très intimiste, aux budgets ridicules, mais aux succès colossaux. Il y a deux ans, alors que tous les spectateurs reçoivent leurs doses de Marvel et de DC tous les six mois, un an, Night Shyamalan laissait un peu d’espoir, dans un monde ou la course au milliard de dollars est devenu banal, dans une industrie devenue schizophrène, avec la possibilité d’une suite à Incassable et ça dans les dernières secondes de son oeuvre. Un Bruce Willis vieillissant, grisé, repart en chasse. Sauf que cette fois, les enjeux sont de taille et l’attente également. C’est donc deux ans plus tard qu’arrive dans les salles obscures Glass, conclusion d’une trilogie que personne n’avait vu venir au départ et qui a donc la lourde mission d’initier les nouveaux arrivants avec Split et de satisfaire également tous ceux qui ont vu et grandit avec Incassable il y a 20 ans. Est-ce que la mission est réussie ?

Yippie-Kay pauvres cons.

Plutôt oui. Night Shyamalan prend un plaisir assez intense même pendant un peu plus de deux heures à reprendre le même rythme qu’Incassable sur plusieurs points : introduire ses personnages, poser le contexte, identifier le problème et le moyen de le résoudre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bonhomme n’a rien perdu en terme de narration. C’est lent, ça prend son temps, mais pour bien faire les choses, au final. C’est vrai, mais il faut quand même reconnaître que toute la première partie est rushé au possible et assez prévisible (les bandes-annonces de trois minutes font très mal, éloignez-vous de ça), mais pas déplaisant pour autant. J’aurai juste préféré une introduction, un chouilla plus longue, pour au final, un temps de jeu dans l’autre décor de manière plus équitable. Parce qu’une fois passé les portes de l’asile, ou vont se retrouver nos trois personnages, préparez-vous, ça devient bavard. Je n’ai pas spécialement quelque chose contre les films qui parlent, crachent du verbe à foison et qui développe et accordent tous leurs subjonctifs pluriels, mais il est vrai que ça parle, beaucoup, pour au final pas grand chose. Et ce ne sont pas les arguments de la psychologue, joué par une Sarah Paulson en sous-régime, en charge des trois lascars qui vont arranger les choses…

Des années que j’attend ça.

Parce que le point névralgique de tout le film tourne autour du fait que nos bonhommes, qu’on a vu et on sait pertinemment qu’ils ont des facultés hors-normes, donc… Comment les convaincre ? Ça tourne autour du pot pendant une bonne partie du film, sans jamais vraiment avoir d’arguments recevable, et c’est un mauvais point pour Shyamalan qui a pourtant concentré toute l’intrigue de son film autour de cette grande question : est-ce qu’ils sont réellement des super-héros, ou juste des blaireaux bercés trop près d’une case de comics. Heureusement, que le reste du scénario assure sur tous les autres points, les dialogues sont bons, la révélation finale laisse réellement sans voix (pas de soucis, Shyamalan est enfin de retour), et l’ensemble sent bon, comme un numéro de 48 pages glacées édition US de vos héros préférés.

Vous n’auriez pas un numéro spécial coup de vieux s’il vous plait ?

Le casting est tout aussi alléchant. C’est un véritable plaisir de retrouver Bruce Willis et Samuel L. Jackson, respectivement dans les rôles du héros et de la némésis. Et concernant James McAvoy, si certains d’entre vous sont fans de la Bête, vous allez être tout aussi servi qu’il explore d’autres personnalités (9 dans Split, 20 dans Glass, sortez le pop-corn). Mais le personnage le plus intéressant, pour moi, reste celui de Casey. Anya Taylor-Joy est une émeraude brisée, presque autant que le personnage de Samuel L. Jackson, mais elle et sa pureté ont déjà réussis à ramener le personnage de McAvoy à la raison. C’est complexité, c’est comme du Frank Miller pour tous les amateurs de comics.

Bouh.

~ En clair ~

Glass est une conclusion épique à une saga riche, intense et cinématographiquement intéressante pour tous amateurs de comics. Les références sont multiples, les enjeux et sous-textes fort, le tout porté par un réalisateur ayant gardé une âme d’enfant, porté par un casting un brin nostalgique et porté par un scénario casse-gueule par moment, mais teinté de bonnes intentions. Et les prochaines réalisations Marvel/DC pourraient faire un effort pour développer des histoires complexes comme celles-là, ça s’rait pas dommage.

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